Jean-Louis
Aubert
Biographie
En 1959, sa famille déménage à
Senlis
(dans
l'Oise), puis à Paris en 1965. Jean-Louis est un enfant difficile,
caractériel et indiscipliné.
Plus tard, il suit sa
scolarité au Lycée Pasteur de
Neuilly-sur-Seine avec ses potes Louis Bertignac et Olivier Caudron. Avec eux à 15 ans en 1970 il forme son premier
groupe Masturbation. Avec beaucoup de chance, il obtient
son bac C en 1973. Peu porté sur les études, il se consacre déjà
au lycée à son unique passion : la musique.
En 1974, à 19 ans, il part en voyage aux
États-Unis, au titre de son service militaire, accompagné de son ami d'enfance
Olive. Ils y mènent finalement pendant cinq mois une
vie d'artistes-aventuriers-routards-musiciens et sillonnent les
routes en auto-stop
avec leurs guitares, leurs répertoires de musique
(Rolling
Stones, Bob Dylan, Easy
Rider, Santana, Deep
Purple, etc.), leur
inconscience et leur confiance en eux. Ils survivent de la manche
et de l'hospitalité de leurs rencontres
Sémolina
De retour à Paris, il chante dans les boums et fêtes de son
quartier (le XVIe arrondissement de
Paris) et dans les
universités, les grandes écoles, sur les
campus. Il rencontre le batteurRichard Kolinka qui vient d'écrire un opéra avec le
bassisteDaniel Roux. Aubert est impressionné et forme avec ses
nouveaux amis le groupe Sémolina en
1975. Ils enregistrent un 45 tours chez WEA
à l'été 1976 : « Et j'y vais déjà »
(face A, écrit et chanté par Daniel Roux), « Plastic
rocker » (face B, écrit et chantée par Jean-Louis qui
donne de sa voix pour la première fois). Warner Music Group enterre rapidement le disque,
aujourd'hui collector, et le groupe, ce qui déçoit profondément les
intéressés.
Aubert tente l'université de musicologie de Vincennes
mais passe l'essentiel
de son temps à jouer de la guitare dans une cave avec ses copains
colocataires.
Téléphone
Article
détaillé : Téléphone (groupe).
En novembre 1976, Richard
Kolinka loue une salle de concert, mais le groupe avec
lequel il est supposé jouer n'est pas disponible. Il réunit alors
quelques amis qu'il apprécie et avec qui il joue depuis
longtemps : Jean-Louis Aubert, le guitaristeLouis Bertignac et la bassisteCorine Marienneau. Le concert a lieu le 12 novembre 1976
au
Centre Américain de Paris, devant 600 personnes. Leur prestation est
essentiellement composée de reprises anglo-saxonnes
(Rolling
Stones, Led Zeppelin), mais aussi des premières chansons écrites par
Jean-Louis Aubert, dont « Hygiaphone » et
« Métro, c'est trop ». C'est une énorme ovation
pour le nouveau groupe qui prend le nom de
Téléphone et qui devient
rapidement le groupe phare du rock français des 1980.
Jean-Louis Aubert compose la majeure partie des
chansons du groupe, joue de la guitare
et chante. Il se révèle une véritable bête de
scène. L'album Crache ton
venin de 1979, avec le titre « la Bombe
humaine », devient l'hymne d'une génération avec
600 000 albums vendus. Le groupe devient culte, véritable
phénomène de société.
En 1980, le groupe est à son apogée et joue en
première partie d’Iggy Pop en Angleterre et en
Allemagne.
En 1982, ils réalisent leur rêve : jouer en
première partie des Rolling Stones à l’hippodrome
d’Auteuil devant près de 80.000 personnes.
En 1985, Jean-Louis Aubert devient père d'un petit
garçon prénommé Arthur.
En avril 1986, après dix années d'aventure, cinq albums
studios en tête des ventes, plusieurs tournées et concerts
gigantesques, le groupe se sépare en deux, suite à des mésententes,
des problèmes d'ego, la pression médiatique et
l'usure :
Aubert'n'Ko avec Jean-Louis Aubert et Richard Kolinka d'un côté, Bertignac et les visiteurs
avec Louis Bertignac et Corine Marienneau de
l'autre.
Aubert'n'Ko
Jean Louis Aubert réalise à partir
de 1989 un travail plus personnel et explore le monde de
la musique. L'album
Bleu Blanc
Vert démarre véritablement sa
carrière solo, avec une approche musicale s'éloignant de plus en
plus de Telephone. Cette album couvre des succès tels que
Voilà c'est fini ou encore Sid'Aventure. L'album
se révèle sous les couleurs de l'écologie, et d'un ton plus
intimiste.
Le 11 juin 1993 sort l'album "H". Album
introspectif, comprenant le succès Temps à nouveau / A
l'eau est enregistré dans des studios itinérants (dont
l’Hôpital Éphémère, fameux squat d’artistes parisiens à cette
époque) pendant la première guerre du Golfe, avec la participation
de Paul Personne et Princesse Erika. H propose les
interrogations de son auteur sur l'absurdité de la condition
humaine. Il servira de base à l’une des plus grosses tournées
d’Aubert, dont sera tirée le live Une page de
tournée en 1994.
En 1997, Jean-Louis Aubert sort son 3ème album
solo, Stockholm, qui restera un album surprenant, aux
influences multiples et aux sonorités variées, en témoigne le
nombre de producteurs et de studios d'enregistrement ou de mixage
mis à contribution. L'histoire veut que Jean-Louis se soit fait
dérober le sac contenant tous ses textes et ses compositions et
qu'à la suite de ce « léger incident », il soit parti
pour Stockholm afin d'y composer cet album sur le vif, somme de ses
souvenirs d'écriture et de ses inspirations du moment. Il en
résulte un album certes inégal, véritable mosaïque de styles, mais
qui pris dans son ensemble, parvient à dégager une âme et à se
créer une identité.
L'année suivante, Jean-Louis Aubert sort son
premier album « live », Concert Privé, avec la complicité
de plusieurs artistes tels les
« Nubians ».
En 2001, avec quelques rides apparentes,
Jean-Louis Aubert sort l'album Comme un Accord, succès
incontesté de sa carrière. Cet album, riche de mélodies
accrocheuses, mélange pop et rock, offre une large gamme des
inspirations et des idées de l'auteur, avec notamment Comme un
Accord, Alter Egoinspiré a son ami
Olivier
Caudron , ou l'électrique Milliers Millions
Milliards. Une tournée à guichet fermé de plusieurs mois
découlera de l'album, saluant le succès de ce dernier, suivi d'un
DVD, Comme on a dit retraçant la
tournée.
A 50 ans, en 2005, Jean-Louis Aubert sort sa
nouvelle « tête de gondole », album nommé de l'étrange
nom Ideal Standard. Comme à son habitude, Aubert met le
ton avec des musiques de plus en plus recherchées, textuellement et
musicalement. L'album remporte un franc succès, et une nouvelle
tournée « DvDisée » est enclenchée, rallongée de
plusieurs dates par son succès.
En 2007, Aubert décide de se lancer seul dans les
salles de concerts, avec une simple guitare acoustique, et
retracer, avec le public, sa carrière depuis les débuts de
Téléphone jusqu'à Idéal Standarddedié a son
ami Olivier Caudrondu groupe Lili_Drop
a titre posthume. Un Tour sur moi-même, tournée
de 4 mois à l'origine, durera finalement pratiquement une année, à
la suite des demandes incessantes du public. Un DVD "Un tour sur
moi-même... avec Vous" sort en juin 2008.
Jean-Louis Aubert a donc su, durant toutes ces
années de carrière, dépasser les modes et accrocher un public
toujours présent. Il reste à ce jour, l'une des plus grandes icônes
du Rock Français. Cette reconnaissance lui permet d'être un pilier,
modeste certes, des Enfoirés, aux concerts desquels il a participé de 1994 à
2009.
Citations
- « C’est quand tu es en
« solo » que tu es le plus entouré. Tu as une pléiade de
musiciens autour de toi. Forcément tu es plus ouvert aux autres...
Il y a eu des moments au sein de Téléphone où je me sentais plus
seul (sourire). »
- « J’ai traversé
les États-Unis en autostop, on ne payait jamais
l’hôtel parce qu’on jouait de la guitare et pour les
gens, c’était une petite fête. On se réunit autour de
l’instrument, on boit un coup, on
chante... »
- « La guitare est un bon passeport, ça
permet de rentrer un peu partout. Quand je pars en vacances,
j’emmène toujours ma
guitare. »
- « Quand ma maison de disques me demande
pour des problèmes de piratage de CD, je leur réponds : "
Écoutez, moi je suis musicien. On existait avant le CD, on existera
après. Dans les pays les plus pauvres, la musique remplace le pain,
foutez-moi la paix ". »
- « Aujourd’hui, je ferais bien un
titre où il y aurait des bugs, la petite abeille qui resterait
collée sur l’écran, tout ce qui nous fait perdre du temps sur
les ordinateurs. D’ailleurs, le mien est tombé en panne il y
a six mois, je ne l’ai pas fait réparer, et depuis je gagne
un temps fou. »
- « Je n’ai jamais été super bien
dans mon corps. J’ai toujours eu mal quelque part. Pas très
mal non plus ! »
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